Véhicules à hydrogène : où en sont les constructeurs ?

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Mercedes-Benz GLC à hydrogène

10 000. Tel est le nombre de véhicules circulant à l’hydrogène dans le monde entier. Autant dire que le marché est marginal, et que le sujet ne semble pas beaucoup concerner les constructeurs automobiles. Surtout les constructeurs européens. En effet, sur ces 10 000 unités, l’immense majorité a été développée par des constructeurs asiatiques : les japonais Honda et Toyota et le coréen Hyundai. 

Véhicules à hydrogène : les constructeurs européens encore timides

Ainsi, les constructeurs européens font une entrée plus que timide sur le marché de l’hydrogène : Mercedes a sorti sa GLC hydrogène en 2018 et Audi promet de lancer sa H-tron en 2020. Renault, avec ses Kangoo à piles à combustible, et PSA, via sa filiale Open, commencent à travailler sur le sujet.

Toujours est-il qu’au dernier salon de l’auto à Genève, par exemple, c’étaient surtout les véhicules électriques et hybrides qui occupaient le feu des projecteurs. Par exemple, BMW et Audi ont présenté toute une gamme de véhicules hybrides ; la Peugeot 208, star française du salon, disposait d’un modèle électrique ; et Seat et Alfa Romeo ont profité de l’occasion pour se lancer dans la bataille. 

Bref, peu de place était laissée aux véhicules à hydrogène. Rappelons leur principe de fonctionnement : le moteur à hydrogène utilise le principe de la combustion du dihydrogène et du dioxygène pour laisser comme produit de l’eau et de l’énergie. La voiture à hydrogène semble alors miraculeuse au niveau environnemental : non seulement elle produit de l’énergie, mais, en plus, elle ne rejette que de l’eau. Sa pollution locale est donc nulle.

Mais là où le bât blesse, c’est que produire du dihydrogène nécessite une autre source d’énergie. On l’obtient souvent par combustion de méthane, un procédé qui rejette beaucoup de CO2 dans l’atmosphère… Aujourd’hui, l’hydrogène est produit à 96 % à partir de l’énergie fossile !

Voiture à hydrogène : le salut passera-t-il par les énergies propres ?

C’est pourquoi, à l’heure où l’urgence climatique devient une préoccupation de plus en plus importante pour l’opinion publique, il est indispensable de trouver une solution pour produire l’hydrogène à partir d’énergies renouvelables. Et c’est possible ! Pour ce faire, il faut récupérer le surplus d’électricité produit par les énergies éoliennes et solaires et scinder les molécules d’eau par électrolyse (l’eau est formée d’oxygène et d’hydrogène). L’oxygène est ainsi stocké d’un côté et l’hydrogène, de l’autre. 

Ce recours aux énergies renouvelables coûte cher et demande une vraie volonté politique. Il est également important de développer les stations à hydrogène, dont le nombre reste très limité. Mais les choses semblent bouger. Par exemple, des flottes de taxis à hydrogène commencent à se déployer dans Paris. Il faut dire que le temps de recharge est beaucoup moins important que celui des voitures électriques. 

La voiture électrique plus efficiente que la voiture à hydrogène ?

Pourtant, certains constructeurs semblent croire davantage en ces dernières qu’en leurs homologues à hydrogène. C’est le cas de Volkswagen, dont le PDG, Herbert Diess, a carrément laissé entendre qu’il abandonnait le développement des voitures à hydrogène. Pourquoi ? Car les véhicules électriques lui paraissent plus efficients que les véhicules à hydrogène. Le dirigeant de la marque allemande assure également que, pour parcourir la même distance, un véhicule à hydrogène consommera trois fois plus d’énergie, de façon directe ou indirecte, que la voiture 100% électrique. 

Pour l’heure, difficile de savoir qui, de la voiture électrique ou à hydrogène, gagnera le match. Ce qui est certain, c’est que les voitures thermiques sont amenées à perdre du terrain au vu des préoccupations environnementales et que les constructeurs doivent se creuser les méninges pour proposer de nouvelles solutions, à la fois efficaces et rentables.

Image à la une : Mercedes

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