Marché automobile : une adaptation difficile au e-commerce

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Personne à son bureau avec un ordinateur

Le deuxième confinement n’a pas échappé à la règle, les ventes automobiles ont chuté une nouvelle fois avec une baisse de 27,03% des ventes en novembre en comparaison avec la même période en 2019 d’après le Comité des Constructeurs Français d’Automobile (CCFA). La fermeture administrative des concessions automobiles, l’annulation des salons de l’auto ainsi que la baisse générale du trafic à l’échelle nationale ont fortement affecté l’industrie automobile.

Les pertes du secteur semblent toucher les constructeurs français en priorité, notamment chez Renault qui prévoit la suppression de 15 000 emplois dont 4 600 en France du fait de cette période compliquée. Cette diminution du chiffre d’affaires concerne la majorité des commerces mais certains secteurs ont réussi à s’adapter au télétravail et à la vente en ligne grâce au système de « click and collect ». Ce n’est pas vraiment le cas du marché automobile même si cette nouvelle mesure a permis d’éviter de revivre l’hécatombe du premier confinement…

Un secteur inadapté à la vente en ligne

Le gouvernement a autorisé le « click and collect » pour les concessions automobiles durant ce deuxième confinement car le secteur n’aurait pas survécu à une nouvelle fermeture complète de leurs magasins. Cette démarche a permis de limiter la casse puisqu’on avait tout de même connu un recul des ventes compris entre 70 et 80 % en mars et avril dernier.
Cela dit, l’achat d’une nouvelle voiture reste un investissement que de nombreux consommateurs considèrent comme trop important pour être effectué en ligne, virtuellement. Les acheteurs ont besoin de pouvoir rencontrer un vendeur, recevoir ses conseils, voir le véhicule et l’essayer avant de franchir le pas.

Quand bien même certains acheteurs seraient moins regardants sur ces étapes, l’achat en ligne d’une voiture reste compliqué du fait des différents éléments contractuels, de la négociation et des aides au financement qu’il suppose. Le secteur automobile n’a pas eu le temps de s’adapter au système de « click and collect » et à la digitalisation de son processus de vente.
Alors que les grandes enseignes de la vente en ligne comme Amazon ont vu leurs ventes s’envoler depuis le début du confinement, le marché de l’automobile reste perdant à la suite de cette période. Les constructeurs espèrent que les clients n’ont fait que repousser leur achat à la réouverture des concessions.

Les constructeurs français pénalisés

Cette période a eu des répercussions légèrement plus faibles sur les constructeurs étrangers et le « click and collect » semble profiter aux marques importées. D’après les chiffres du CCFA, les ventes des groupes étrangers ont baissé de 25,66 % en comparaison avec l’année précédente alors que les groupes français ont subi une baisse de -28,09 % (sachant que leurs parts de marché respectives sont de 44,62 et 55,38 % en France). Les groupes Renault et Dacia ont été particulièrement touchés et leur situation économique risque d’être dégradée sur le long terme.
Cet écart entre les marques importées et les marques françaises peut s’expliquer de différentes façons :

  • Les marques importées et leurs acheteurs étaient mieux préparés à ce passage à la vente en ligne puisqu’ils avaient déjà digitalisé une part de leur processus de vente du fait de la distance ;
  • Les marques françaises comptent grandement sur l’argument de vente du « local » et de la possibilité d’acheter en direct mais aussi d’avoir accès à des garages spécialisés à proximité.

Malgré la période difficile, les constructeurs automobiles gardent espoir et certains d’entre eux misent gros sur les voitures électriques et hybrides afin de tenter de sauver leur chiffre d’affaires !

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