L’UE renforce la lutte anti-pollution avec un outil de contrôle des émissions de CO2

0
817
Usine de voitures

Depuis quelques années maintenant, l’Union Européenne multiplie les mesures afin d’encadrer et de limiter les taux de pollution au sein des différents secteurs industriels. Le problème, c’est que les outils de contrôle nécessaires au respect de ces nouvelles mesures manquent cruellement.
L’affaire Volkswagen, ou le « dieselgate » comme certains l’appellent, témoigne de la facilité des entreprises à échapper à la surveillance de l’UE. L’On Board Fuel Consumption Meter, ce nouvel outil de contrôle mis en place au cours de l’année 2020, vient répondre à cette problématique. Il s’agit d’un système électronique capable de mesurer les émissions de CO2 du véhicule.

Ce dispositif de contrôle suscite tout de même quelques inquiétudes vis-à-vis de l’enregistrement et de la diffusion de données personnelles, notamment face à un sentiment général d’augmentation des outils de surveillance dans nos vies.

Le fonctionnement du dispositif OBFCM

Ce nouvel outil développé par l’UE a été nommé « On Board Fuel Consumption Meter » (OBFCM). Il est capable d’enregistrer l’ensemble des données liées à l’utilisation du véhicule : consommation, kilométrage, vitesse et taux d’émission de CO2…

L’OBFCM est censé être installé dans toutes les voitures neuves depuis début 2021 et il permettra donc à l’UE de surveiller de près les niveaux de pollution de l’ensemble des véhicules et de s’assurer de la véracité des chiffres indiqués par le constructeur.

L’étape suivante, c’est-à-dire la communication de ces données et leur analyse, reste encore confuse. L’UE n’a pas encore détaillé comment ce système sera encadré, ce qui ne rassure pas les professionnels du secteur.

Un outil pour prévenir de nouveaux cas de fraude

Le développement de ce nouveau dispositif vient très clairement répondre aux cas de fraude que l’on a connus au cours des dernières années. Pour rappel, les révélations liées à l’affaire Volkswagen ont permis aux entités de contrôle de l’UE de découvrir de nombreuses techniques de dissimulation des chiffres des émissions polluantes et notamment l’existence de logiciels fraudeurs. On estime à environ 11 millions le nombre de véhicules concernés par cette fraude dans le monde et l’affaire a eu raison d’énerver bon nombre d’automobilistes et consommateurs qui payent leurs taxes et subissent des mesures pour lutter contre la pollution eux aussi.

Dans le journal Le Monde, un professionnel du secteur automobile affirme que « tous les ingénieurs automobiles connaissent les points de contrôle des tests de certification. C’est une pratique courante de s’y adapter. Mais il est illégal de s’y soustraire complètement. »

L’UE semble donc avoir compris la leçon et tient à serrer la vis pour les constructeurs automobiles. Aux États-Unis, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) est réputée comme plus stricte avec notamment des normes plus dures concernant les émissions de NOx et davantage de dispositifs de contrôle.

Quel objectif à terme ?

L’objectif premier de l’OBFCM est donc principalement de dissuader les constructeurs automobiles de tenter le diable à nouveau, il a une utilité préventive avant tout. Cela dit, il permettra aussi une surveillance plus pointue des taux de pollution des différents véhicules et on peut s’attendre à de nouvelles mesures fondées sur l’analyse de ces chiffres dans les années à venir.

Il faudra se pencher davantage sur la mise en application de l’OBFCM lorsque l’UE aura précisé les dessous de ce nouveau dispositif ! En effet, les informations qu’il permet d’enregistrer offrent des possibilités plus vastes qu’une simple vérification des taux indiqués par le constructeur. Affaire à suivre.

En attendant de pouvoir mieux contrôler le problème à la source, la lutte anti-pollution s’effectue aujourd’hui plus en aval, avec la mise en place d’écotaxes et de restrictions de circulation pour les véhicules polluants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here