Les perspectives 2020 pour le secteur automobile

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Volvo de face dans la nuit

En 2019, les experts du marché automobile tiraient la sonnette d’alarme. Nous voilà enfin en 2020, l’année sombre de la production auto. Selon certains professionnels, cette année signera la perte d’environ quatre cent mille véhicules français. En novembre dernier, Fitch Ratings, agence de notation financière internationale, annonçait des perspectives alarmantes pour 2020.

Une crise due à la récession chinoise

C’est une grande première : la Chine connaît, depuis 2019, une récession. Si la production chinoise avait sauvé la filière automobile lors de la crise de 2008 grâce à son imperturbable croissance, elle précipite cette fois-ci le marché mondial dans une période creuse. Au premier semestre 2019, une baisse des ventes de 3% a été observée et les suppressions d’emplois se sont multipliées chez les grands groupes automobiles, notamment chez Ford.

La crise de la Chine, qui a vendu moins de vingt-cinq millions de véhicules l’année dernière, affecte dangereusement le marché européen. Si les résultats de la fin d’année 2019 ont redonné une petite lueur d’espoir à nos constructeurs, avec une hausse des immatriculations de 4,9% en novembre, les experts restent pessimistes pour 2020.

Un contexte contre-productif pour le marché automobile

La récession chinoise n’est pas la seule en cause. En réalité, le contexte international ne favorise pas la croissance de la production automobile. L’ombre du Brexit qui pèse sur l’Europe, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que les guerres du pouvoir d’achat participent à ce ralentissement mondial. Pour la première fois, la stagnation ou la récession des trois plus grands marchés automobiles sera simultanée.

Recharge de voiture électrique

Le défi énergétique menace également la stabilité des constructeurs européens. Les objectifs de réduction des émissions de CO2, définis à Bruxelles, bouleversent les ventes. Pour les atteindre, la part des voitures électriques en France devra s’élever à 6% d’ici 2021. Or, elle représente aujourd’hui seulement 1,8%. Les constructeurs doivent donc retravailler leur catalogue en urgence, sous peine d’encourir des amendes de plusieurs milliards d’euros.

La production automobile française en dents de scie

En France, le premier semestre 2019 avait été catastrophique. Une baisse de 8,4% avait été recensée par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) en juin dernier. Deux mois plus tard, en août, une nouvelle chute des chiffres donnait raison aux experts automobiles. Dans un pays animé par des gilets jaunes en colère, cette récession n’avait pourtant rien d’étonnant.

Contre toute attente, dès septembre, la France a peu à peu sorti la tête de l’eau. En octobre, une hausse de 8,74% du marché automobile français était la bienvenue. Assez pour changer la tendance ? On l’espère.

Néanmoins, la norme anti-pollution européenne de septembre 2018 n’a pas fini de chambouler la production française. Le cabinet d’étude économique IHS prévoit une baisse de la production automobile de 20% en 2020. En 2019, on observait déjà des périodes de creux dans certaines usines de France.

Une mutation industrielle compliquée

Le combat de l’électrique contre le diesel est laborieux. Si les constructeurs traînent un peu des pieds, c’est parce que la mutation industrielle menace plusieurs milliers de postes au sein des sites de production. En effet, la construction d’une voiture électrique nécessite moins de main d’œuvre que celle d’une voiture thermique. L’Observatoire de la métallurgie estime que, en 2030, dix mille à quinze mille postes de la filière du diesel automobile n’existeront plus.

La population a également du mal à adopter l’électrique ou l’hybride. Des problèmes d’autonomie et un manque d’infrastructures de recharge freinent les ventes. Les constructeurs doivent encore convaincre les conducteurs de la rentabilité de la voiture verte.

En attendant, les citadins préfèrent se déplacer autrement. Le développement des réseaux de transports en commun, l’essor des vélos et des trottinettes électriques, ainsi que le déploiement de l’autopartage ralentissent également les ventes de véhicules neufs.

2020 s’annonce être une année charnière pour le marché de l’automobile. Et, selon les professionnels, cela perdurera plusieurs années avant un retour à la normal. Espérons toutefois que les experts se trompent et que la production mondiale traverse rapidement cette nouvelle crise. Après tout, la France a bien réussi à nous surprendre lors du deuxième semestre 2019 !

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