Le WLTP pèse sur l’avenir des flottes

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Si le Gouvernement ne revoit pas les règles fiscales en fonction du nouveau protocole d’homologation, les entreprises vont revoir leurs achats automobiles à la baisse.

Jamais l’univers des flottes n’avait été aussi perturbé. Le nouveau protocole WLTP (*) fait souffler un véritable vent de panique parmi les professionnels. Le 1er janvier prochain, il va remplacer le NEDC (**) corrélé qui lui-même a pris la suite du NEDC depuis septembre 2018. Mis en place pour refléter la réalité avec davantage de précision, ce nouveau protocole de test augmente sensiblement les émissions de CO2 et les consommations de carburant affichées.

Une fiscalité démultipliée

En matière de CO2 et selon Jato, un institut spécialisé dans l’information automobile, la hausse moyenne atteint 9,6 g/km entre le NEDC et le NEDC corrélé et 25,3 g/km entre ce dernier et le WLTP. Celui-ci est déjà appliqué en Finlande et Jato a réalisé des projections pour calculer les nouveaux montants de TVS (Taxe sur les Véhicules de Société) et de malus. En moyenne, la première est multipliée par trois à quatre et le second par cinq à six.

Plus de 3 000 euros d’augmentation

La hausse dépend des véhicules et des segments considérés. Pour un SUV compact parmi les plus vendus en France, le taux de CO2 passe de 108 à 145 g/km avec un malus en hausse de 1 740 euros et une augmentation de 1 399 euros de la TVS, soit une fiscalité qui bondit de 3 139 euros. Les gestionnaires de flotte parlent d’un véritable choc fiscal et vont devoir réétudier leurs politiques automobiles de fond en comble.

Un marché menacé

Selon un consultant spécialisé, si la fiscalité n’évolue pas, le coût total d’utilisation d’un véhicule peut augmenter d’un quart au cours de la première année d’exploitation. Si les lois de finances et du financement de la sécurité sociale qui vont fixer les montants de malus et de TVS pour 2020 n’assouplissent pas les grilles d’imposition, les entreprises vont voir leurs budgets autos s’envoler. Certaines évoquent une baisse en gamme et d’autres envisagent une réduction du nombre de collaborateurs éligibles à un véhicule de fonction. Si le Gouvernement ne revoit pas sa copie, les achats automobiles des entreprises risquent de plonger en 2020. Comme les flottes représentent 20 % du marché automobile français, toute l’industrie en souffrirait.

 

(*) World harmonized Light Vehicle Test
(**) New European Driving Cycle

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