Biocarburant : l’arrivée du GH3 !

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Alors que le superéthanol E-85 devient de plus en plus populaire chez les automobilistes, d’autres carburants alternatifs vont faire leur apparition sur le marché. L’industrie automobile a bien saisi les différents enjeux liés à la transition énergétique et les alternatives à l’essence se multiplient ! Le GH3 fait partie de ces carburants alternatifs puisqu’il s’agit d’un biocarburant créé à partir de méthanol agricole.

Un biocarburant « Made in France »

C’est la petite société française ARM Engineering située à Montans dans le Tarn (81) qui est à l’origine du GH3 ! Composée d’une douzaine de salariés, ARM a commencé par travailler sur des boîtiers de conversion à l’éthanol E-85 en 2017 avant d’entreprendre un cycle de recherche et développement dans le domaine des biocarburants en 2021. Très vite, les recherches se sont portées sur la conversion du gaz méthane en liquide !

Marc Lambec, PDG d’ARM Engineering, reconnaît que le méthanol est connu depuis des années et nous explique : « Il a le pouvoir d’être composé d’atomes d’hydrogène et d’être un bon vecteur d’énergie électrique. On va le faire fonctionner à la fois sur des véhicules thermiques et électriques. Une solution très locale, très tarnaise même. »

Le processus de création du GH3

Contrairement à l’éthanol, le GH3 n’utilise pas des matières premières agricoles destinées à l’alimentation, il utilise le méthane (alors sous forme gazeuse) produit par le fumier et les déchets végétaux en cours de fermentation avant de le liquéfier grâce à un catalyseur. Le GH3 n’utilise donc pas de ressources qui servaient déjà, il est créé grâce aux déchets agricoles.

Un bilan carbone très positif

Ce procédé fait du GH3 l’alternative la plus écologique aujourd’hui avec 18 g de CO2 par mégajoule ! En comparaison, le bioéthanol produit 34 g de CO2 par mégajoule et l’essence en produit 86.

Marc Lambert est très fier de ce bilan, il affirme même que « ce bilan carbone pourrait se réduire plus encore en localisant le procédé de conversion du méthane en liquide dans les zones agricoles françaises. Grâce à notre solution, nous pourrions envisager de sauver, ou du moins de ralentir, la destruction du parc automobile vieillissant et de continuer à utiliser les moteurs thermiques en les rendant moins polluants qu’un véhicule électrique d’aujourd’hui »

Le GH3 est-il facile à utiliser ?

La configuration nécessaire au GH3 est très semblable à celle du bioéthanol, elle nécessite la mise en place d’un boîtier électronique contrôlant l’injection. Léonard Frechet, l’un des ingénieurs d’ARM, nous explique que la configuration dure généralement une heure. Il précise tout de même : « En revanche, ça va nécessiter des modifications de pièces sur la ligne d’injection en amont. Au total, il faut compter environ deux jours pour une installation complète et configurée. »

ARM a déjà réussi à convertir une Twingo au GH3 en installant leur boîtier électronique ainsi qu’en changeant les injecteurs et la pompe.

Quel avenir pour le méthanol GH3 ?

L’un des points forts du GH3 est qu’il peut être utilisé pour les voitures électriques ! Grâce à des piles à combustible, le méthanol peut être utilisé pour faire rouler une voiture électrique. Si le projet est encore au stade de prototype et reste très encombrant pour l’instant, c’est très prometteur pour l’avenir ! Tristan Astier, l’un des techniciens d’ARM, affirme : « On pourra tout à fait rendre cela accessible sur une voiture classique, avec moins d’adaptations nécessaires ».

ARM a pour projet de finaliser leurs expérimentations sur le GH3 en faisant rouler une voiture 1500 km avec un seul plein sur le circuit d’Albi !

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